Articles de presse sur France Plaut fondatrice de la Société APTE.

2 mai 2018 : France PLAUT, dynamique quinquagénaire, pourrait révolutionner le monde de l'aide à domicile.

France PLAUT, pourrait révolutionner le monde de l'aide à domicile avec sa start up APTE auxiliaires de vie pour tous

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Journaliste : Gwenaël CADORET

Photo : Gwenaël CADORET

Journal : D0C’Domicile N°50 Mai-Juin-Juillet 2018

2 mai 2018 : France PLAUT, dynamique quinquagénaire, pourrait révolutionner le monde de l'aide à domicile.

 

Rencontre à Montpellier avec France PLAUT, fondatrice de APTE auxiliaires de vie pour tous.

 

France Plaut

Bousculer la relation entre familles et auxiliaires de vie.

 

Sensibilisée très jeune à la question de la différence, France PLaut a un parcours de vie et des expériences professionnelles denses. Il y a six ans, elle découvre le métier d’aide à domicile. À travers de son regard de terrain, elle identifie des difficultés récurrentes vécues par les intervenants et les familles. Seule, elle imagine et elle lance APTE, une solution innovante sur internet qui facilite le lien entre auxiliaires de vie et bénéficiaires. Une petite révolution dans ce secteur encore peu digitalisé.

 

Il en faut du courage pour créer seule son entreprise. Surtout sans grands moyens. Mais France Plaut aune qualité essentielle pour réussir : la détermination. « J’irai jusqu’au bout, même si c’est difficile. Je refuse d’envisager l’échec. »

Car cette quinquagénaire souriante ne saurait se contenter d’emplois de bureau aux horaires « classiques ». Véritable touche-à-tout, elle aime changer régulièrement de monde professionnel. « Je suis quelqu’un qui travaille vite, qui ne compte pas ses heures. J’ai beaucoup d’idées, et j’ai du mal à être enfermée dans des tâches répétitives trop longtemps… »

Son parcours le confirme, du secrétariat médical au codage Web, des ressources humaines à l’aide à domicile ! Ce qui la caractérise avant tout, c’est son amour pour l’humain. Sans doute un héritage de enfance, dans la Creuse. « Mon père était psychologue auprès d’enfants en difficulté. Quand je croisais ses patients, on ne se voyait pas comme différents. Cette expérience m’a beaucoup appris. J’ai compris que j’étais très portée sur l’empathie. J’ai toujours été extrêmement sensible à la souffrance d’autrui. »

Devenue adulte, elle choisi son premier métier « un peu par hazard » : assistante dentaire. Mais elle évolue progressivement vers le secrétariat médical, puis administratif. À la fin des années 80, elle s’installe à Montpellier. Coup de chance : le CNRS lui propose de l’embaucher pour travailler sur ses outils numériques. Elle attrape alors le virus du digital. « Les début du langage Web, c’était un peu magique ! »

Puis elle se forme comme assistante de direction, et s’envole pour quelques mois à Montréal. « j’avais postulé par mail dans une structure de ressources humaines. C’était une belle expérience. »

De retour en France, elle va exercer plusieurs années comme assistante RH dans de multiples structures du Sud.

 

La passion de l’aide à domicile

En 2007, elle ne trouve plus de poste. Elle qui rêvait de devenir Reporter utilise sa passion des mots pour créer une activité de biographe privée. « J’ai toujours aimé recevoir des témoignages, précise-t-elle. Il faut savoir appréhender l’autre, gagner sa confiance. » À un moment, on la sollicite pour aider une association d’aide à domicile à se réorganiser. C’est son premier contact avec le milieu des auxiliaires de vie. « Un métier qui me parlait beaucoup. »

Quelques années plus tard, en 2012, elle franchie le pas, et répond à une annonce d’aide à domicile. Malgré ses diplômes et qualifications. « Mais cela n’a rien d’exceptionnel. J’ai connu beaucoup d’auxiliaires de vie qui avaient des maitrises ! Quand on voit certains CV, on peut dire que l’on vit dans une drôle de société… »

Elle appréhende vite les difficultés des familles. « Elles doivent passer par des annonces, rencontrer des personnes qui n’ont pas forcément la vocation du métier. »

Un problème que ne vit pas France Plaut, épanouie dans ce rôle.

« J’ai longtemps accompagné une personne âgée, le soir. Nous partagions le repas, je lui tenais compagnie. Je n’oublierai jamais nos échanges. Elle était vraiment adorable. »

Elle test ensuite les entreprises d’aide à la personne, mais n’est pas convaincue. « On est sans cesse en déplacement. Les plannings sont parfois impossibles à tenir. »

Ce qui l’ennuyais le plus : ne pas pouvoir suivre régulièrement les mêmes personnes.

«  On change constamment de bénéficiaires. Cela ne permet pas de créer du lien, de rassurer la personne. Alors que c’est le plus important. »

 

Une pénurie fictive ?

Elle y voit un possible dérapage. « On perd la dimension social du métier. Pour des questions de gestion, on génère du stress pour la personne, pour les familles. Au sein de certaines agences, on a l’impression que l’humain passe au second plan. »

Au fil des rencontres, elle prend conscience que beaucoup d’auxiliaires, même expérimentées, partagent son constat. « Or, les professionnels qui veulent rester indépendants ont du mal à embaucher l’aide à domicile qui leur convient. »

Une situation qui l’interpelle. « Plein de gens souffrent d’isolement, ont besoin de compagnie. On entend qu’il y a une pénurie d’auxiliaires de vie. Cette pénurie est fictive : beaucoup ont du temps disponible, et voudraient travailler plus ! » Une idée germe en elle : créer un outil en ligne mettant en relation employeurs et aides à domicile. « Faciliter la recherche d’intervenants, et la mise à disposition de leurs heures. »

Les soutiens arrivent : la Chambre de Commerce l’accompagne dans ses études de marché. Des étudiants ingénieurs réfléchissent avec elle sur l’outil numérique. Et des étudiants en communication de Montpellier lui trouvent un logo et une marque : APTE. « Un symbole : les professionnels sont aptes, capables. On peut leur faire confiance ! »

En juin 2017, elle lance l’outil sur la toile. Dès lors, il faut recruter des membres. France va prendre sa voiture et et traverser le pays, à la rencontre des professionnels. En quelques mois, elle dépasse des milliers d’inscrits ! « Cela représente des milliers d’heures disponibles ! »

Mais le défis est d’en trouver beaucoup plus pour répondre aux besoins des particuliers. L’entrepreneuse multiplieront les interventions et campagnes de communication, notamment sur les réseaux sociaux. « Un travail titanesque », glisse-t-elle.

 

De multiples avantages

Le marché semble énorme. «  On compte 11 millions d’aidants en France. Beaucoup on besoin de trouver des professionnels sur qui s’appuyer. Actuellement, les annonces sur Internet se ressemblent toutes. Un outil qui permet de faire du tri, ça change tout ! »

Elle doit désormais rentabiliser son projet.

En plus de recruter de nouveaux membres, France Plaut participe donc à des concours, porte des demandes de subventions… « Je suis aussi en recherche de partenaires. Mais difficile de tout mener de front, seule … »

Malgré tout, elle ne baissera pas les bras. « Ce est devenu ma passion. Je n’ai pas investi cinq ans de ma vie, souvent jour et nuit, pour abandonner. » Car elle est convaincue de la pertinence de son idée. « Pour les familles, cela fait gagner du temps, et cela améliore la qualité des recrutements. Cela valorise le travail et les compétences des auxiliaires de vie, tout en leur permettant de mieux maitriser leur rythme de travail. En plus, cela favorise les travail local, limite les risques liés aux déplacements, et augmente le temps de travail effectif… » Elle fourmille d’idées pour améliorer son projet : organiser des speed datings entre professionnels et employeurs, développer des programmes de formation en ligne…Mais son principal frein réside dans le milieu des agences, qui craignent la concurrence de l’outil. «  Elles y ont pourtant leur place, pour trouver des salariés, et des familles, regrette France Plaut. On devrait tous s’allier, pour proposer un meilleurs service. L’aide à domicile, c’est une question de rapport humain. »

En tout cas, son projet pourrait améliorer grandement les conditions de travail des auxiliaires de vie. « C’est un très beau métier, très humain. Si je fais cela, c’est pour le mettre en valeur, et aider les familles. Ce serait un déchirement de ne pas réussir à faire bouger les choses. »

 

Un outil simple et accessible

À l’inscription sur le site d’APTE (auxiliaires-de-vie-pour-tous.fr), chaque professionnel passe un test en ligne, qui détermine son profil et ses compétences.

«  Les questions portent sur le métier, la vie courante. », détaille France Plaut. On indique ensuite une zone d’intervention et ses heures disponibles. « En recherchant par l’adresse ou la ville, les particuliers vont pouvoir présélectionner les profils qui les intéressent. Ils auront moins d’entretiens à mener car ils ont obtenu des profils qualifiés et disponibles. »

Se procurer les coordonnées des professionnels est alors payant (9 euros par contact) : c’est l’une des principales ressources du site. Mais c’est peu, quand on connait les difficultés à recruter. En parallèle, France Plaut propose également des services payants et gratuits aux structures d’aide à domicile. Elle peuvent créer leurs fiches, pour mettre en valeur leurs spécificités et leur philosophie auprès de potentiels clients et recrues.

« APTE permet de les réunir, et que chacune se distingue. Elles peuvent même proposer des promotions ! »